Risques psychosociaux dans le Bâtiment :
pourquoi former vos équipes est un investissement, pas une contrainte !
Les RPS (Risques PsychoSociaux) et les entreprises du Bâtiment
Mardi 19 mai, lors de la Matinale organisée par Afortech sur le sujet, Martine Colchen, Consultante RH, Médiatrice et Expert intervenant pour Afortech, nous a parlé des risques psychosociaux et de leurs impacts sur les entreprises. Le secteur du Bâtiment est souvent associé aux risques physiques : chutes, bruit, port de charges lourdes. Mais un autre danger, moins visible, progresse en silence dans vos équipes : les risques psychosociaux (RPS). Stress chronique, harcèlement moral ou sexuel, épuisement professionnel… Ces risques touchent aussi bien les ouvriers sur chantier que les conducteurs de travaux, les chefs d’équipe et les personnels administratifs. En tant que dirigeant d’une entreprise du Bâtiment, vous avez des obligations légales en la matière. Mais au-delà du cadre réglementaire, former vos équipes à la prévention des RPS, c’est avant tout protéger la ressource la plus précieuse de votre entreprise : vos collaborateurs.
Comprendre les RPS : de quoi parle-t-on exactement ?
Les risques psychosociaux désignent l’ensemble des situations de travail où peuvent se combiner :
– Le stress, lorsqu’un salarié perçoit un déséquilibre entre les contraintes de son environnement professionnel et les ressources dont il dispose pour y faire face ;
– Les violences internes, comme le harcèlement moral ou sexuel, ou des conflits interpersonnels dégradés ;
– Les violences externes, lorsque des salariés sont confrontés à des insultes, menaces ou agressions de la part de tiers (clients, fournisseurs, riverains de chantier…).
Ces risques ne sont pas liés à la « fragilité » des individus. Ils émergent des conditions d’emploi, de l’organisation du travail et de la qualité des relations professionnelles — des leviers sur lesquels l’entreprise peut directement agir. Dans le Bâtiment en particulier, les facteurs aggravants sont nombreux : horaires contraints, pression des délais, management de proximité parfois peu formé, turnover élevé, isolement sur certains chantiers, ou encore cultures d’entreprise dans lesquelles il est difficile d’exprimer ses difficultés.
Votre responsabilité d’employeur : ce que dit la loi
En tant que chef d’entreprise, vous êtes soumis à une obligation légale de sécurité qui englobe explicitement la santé mentale de vos salariés (articles L.1152-4, L.4121-1 et L.4121-2 du Code du travail). Cette obligation vous impose de prendre des mesures de prévention, d’information et de formation adaptées, et de les actualiser régulièrement. Concrètement, cela signifie :
– Intégrer les RPS dans votre Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP)
– Mettre en place une procédure de signalement et de traitement des faits de harcèlement et de violence
– Nommer un référent harcèlement sexuel et agissements sexistes (obligatoire dans les entreprises de plus de 250 salariés, recommandé dans toutes)
– Mentionner les dispositions anti-harcèlement dans le règlement intérieur (obligatoire à partir de 50 salariés)
Le non-respect de ces obligations expose l’entreprise à des conséquences civiles et pénales sévères. En janvier 2026, la Cour de cassation a confirmé pour la première fois en France la condamnation pénale de France Télécom-Orange et de ses dirigeants pour harcèlement moral institutionnel — une décision qui marque un tournant jurisprudentiel majeur.
Les coûts cachés des RPS : ce que vous perdez à ne pas agir
Les RPS ont un coût direct et indirect pour votre entreprise. Ne pas agir, c’est accepter de supporter :
– Sur le plan humain et social : absentéisme en hausse et difficultés à trouver des remplaçants qualifiés ; turnover accéléré dans un secteur déjà confronté à une pénurie de main-d’œuvre ; démotivation, baisse d’engagement, perte de savoir-faire
– Sur le plan opérationnel : augmentation des accidents du travail (12 000 AT liés aux RPS en 2023 pour le seul régime général) ; baisse de la qualité d’exécution, hausse des malfaçons et des reprises ; dégradation de la productivité sur chantier
– Sur le plan de l’image : difficulté à recruter dans un contexte où la réputation RH d’une entreprise se vérifie facilement en ligne ; risque de condamnation publique et de communication négative
Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes
Les RPS ne sont pas un phénomène marginal. Quelques données récentes permettent de prendre la mesure de l’enjeu (sans parler de la santé mentale qui a été déclarée Grande Cause Nationale pour 2025 et 2026) :
– 30 % des salariés déclarent avoir subi au moins un comportement hostile dans le cadre de leur travail au cours des 12 derniers mois
– 54 % des travailleurs citent la charge de travail excessive comme premier facteur de risque psychosocial
– 1 salarié sur 4 en France déclare souffrir de difficultés psychologiques
– Les troubles psychiques représentent désormais la première cause d’arrêts maladie longs, soit près d’un quart des arrêts de plus de trois mois
– En 2023, les maladies psychiques d’origine professionnelle ont cru de 25 %
Un levier de prévention des risques psychosociaux à trois niveaux
1 – Anticiper : la prévention primaire — C’est le niveau le plus efficace et le plus économique. Il s’agit d’agir en amont sur les causes : formation des managers à cette prévention, sensibilisation de l’ensemble des collaborateurs, etc.
2 – Réduire : la prévention secondaire — Lorsque des facteurs de risque sont déjà présents, il faut réduire leur impact. Cela passe par des apprentissages pour les personnels exposés : traitement des conflits, postures managériales adaptées.
3- Réparer : la prévention tertiaire — Une fois qu’un incident est survenu (burn-out, situation de harcèlement, conflit grave), il faut accompagner les victimes et reconstruire la dynamique d’équipe.
Comment agir demain concrètement dans votre entreprise ?
• Informer l’ensemble des salariés (au moment de l’embauche, puis régulièrement)
• Sensibiliser l’ensemble des salariés
• Former et impliquer les dirigeants, les managers, les membres du CSE
• Mentionner les dispositions d’interdiction de harcèlement et discrimination et agissements sexistes, dans le règlement intérieur (+ 50 salariés), – et les afficher
• Mettre en place une procédure de signalement et de traitement des faits de harcèlement et de violence au travail (ANI du 36/3/2010) et la faire connaitre aux salariés
• Intégrer les RPS dans le document unique (DUERP)
• Former et nommer un référent harcèlement sexuel et agissements sexistes
• Mettre en place des indicateurs
Les prestations qu’Afortech vous propose, en matière de prévention des risques psychosociaux
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1 – Atelier « Sensibilisation aux RPS » :
Sous forme d’atelier de travail avec les interlocuteurs concernés dans l’entreprise : Dirigeant, Service RH. Elaborer un état des lieux de ce qui existe ou est déjà mis en place au sein de l’entreprise ; recenser les obligations légales en fonction de la taille de l’entreprise, sa configuration, son historique ; mettre en évidence les écarts ; définir un plan d’action avec échéance, personnes en charge, indicateurs de suivi.
Durée : 1 journée à adapter en fonction de la taille de la structure.
2 – Webinaire « Sensibilisation aux RPS » :
A construire sur un format court. Ce webinaire permettrait de sensibiliser chaque nouvelle personne embauchée dans l’entreprise sur les RPS (définition des RPS, les repérer, comment agir)
Durée : 1h30.
3 – Formation « Prévention des Risques Psycho-sociaux » :
A destination des dirigeants, service RH, managers ; ou formations spécifiques pour membres du CSE, référents harcèlement. Exemple de programme : – Obligation et responsabilités de l’employeur en matière de santé et sécurité des salariés ; – Définition des RPS : Stress, Harcèlement moral, Harcèlement sexuel et agissements sexistes, Violences, Discriminations ; – Les facteurs de RPS (nomenclature Gollac) ; Les différents moyens de prévention ; Traitement de signalement de risques psychosociaux (enquête) ; Les indicateurs à suivre
Durée : 2 jours.
4 – Audit RPS :
Méthode et outils utilisés à définir en fonction de la taille et de la problématique de l’entreprise. Durée à définir en fonction de l’effectif et de la définition du besoin
Vous souhaitez contacter Afortech sur le sujet ? Si oui, appelez Brigitte Pallu, au 06 11 46 19 13 ; ou bien écrivez-lui à cette adresse : bpallu@afortech.com

